L'orgue de barbarie

L'orgue de Barbarie est un instrument de musique mécanique à vent classable dans les orgues. Il fait partie des automatophones, terme qui englobe tous les instruments destinés à produire de la musique par des procédés mécaniques. Il existe sous une grande variété de formes et de taille (serinette, orgue, limonaire…)

Son nom viendrait d'une déformation d'« orgue de Barberi », d'après le fabricant italien de Modène, Giovanni Barbieri (début du XVIIIe siècle).

De grands musiciens comme Haydn et Mozart ont composé pour les orgues de Barbarie.

orgue mecanique
orgue mecanique

Fonctionnement

L'orgue de Barbarie se compose, schématiquement, d'un système de soufflet, d'une boîte à vent, d'un ensemble de mécanismes destinés à amener le vent jusqu'aux tuyaux qui produisent le son.

Ces mécanismes sont commandés par un organe mobile, pouvant être changé à volonté, qui comporte la mélodie « programmée » : cylindre, disque, carton perforé etc.
Une manivelle actionnée par le « tourneur » fait à la fois fonctionner le soufflet et défiler le « programme ».
La plupart des orgues de Barbarie sont des instruments diatoniques (ils ne jouent pas les dièses et les bémols).

orgue mecanique

La soufflerie :

Un soufflet à double effet actionné par la bielle. Une partie du soufflet se rempli d'air pendant que l'autre envoie l'air qu'elle contient vers la réserve et inversement au rythme du vilebrequin

La réserve :

En général fixée sur la soufflerie, contient l'air nécessaire pour faire jouer les tuyaux. Un ressort fixé sur cette réserve donne la pression et la puissance sonore de l'instrument. L'air de cette réserve est acheminé vers la boîte à soupapes

Le système d’entraînement et de lecture :

La manivelle actionne une soufflerie et conjointement, fait avancer le carton perforé  ou la bande de papier également perforée et ceci à (normalement) 3,6 m/mn. Il existe deux principaux systèmes de lecture :

La lecture mécanique :

Une touche métallique monte dès qu'elle rencontre un trou du carton. De ce fait, elle ouvre une soupape qui dirige l'air vers le tuyau correspondant à la touche. Chaque touche correspond à une note. Ainsi, un orgue 27 touches aura 27 notes différentes.

La lecture pneumatique :

Lorsqu'un trou de la bande de papier est détecté, il se crée une différence de pression au niveau de la soupape obligeant cette dernière à s'ouvrir et à laisser échapper l'air vers le tuyau correspondant.

La boite à soupape :

Contient autant de soupapes que de notes. Ces soupapes sont en peau très fine ou en baudruche. L'air provenant de la boîte à soupapes est véhiculé vers les tuyaux soit au travers de tubes en caoutchouc ou en plastique ou au moyen de rainures gravées dans le sommier.

Les tuyaux :

Il en existe de multiples variétés ; Les flûtes, flûtes bouchées, violons et trompettes pour ne parler que des tuyaux en bois.

La flûte est un tuyau ouvert. si on bouche l'extrémité d'une flûte, on obtient une flûte bouchée avec un son d'une octave plus basse

Le violon est en gros une flûte sur laquelle on a mis une languette métallique (frein) devant son ouverture basse (lèvre inférieure), faisant vibrer le son, d'où le nom de violon.

Pour la trompette c'est une membrane métallique (anche) située dans le pied du tuyau qui produit le son qui est amplifié grâce à un cornet.

Le nombre de tuyaux : si un orgue à 27 touches (notes) , il peut avoir plus de tuyaux. On peut très bien doubler certaines basses ou certains tuyaux du chant. De même, on peut mettre 27 flûtes et autant de flûtes bouchées, violon ou trompettes. Donc, 54 tuyaux ou davantage

La caisse :

Elle contient et protège le mécanisme. Sa décoration est particulièrement soignée ; peinture, marqueterie, frontons et balustres. Il s’agrémente souvent d’enluminures riches en couleurs au delà de ses propriétés musicales l’orgue de barbarie se doit d’avoir fière allure !